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Contrefaçon, concurrence déloyale, publicité trompeuse, responsabilité des moteurs de recherche

La responsabilité du moteur de recherche GOOGLE dans l'affaire "VUITTON"


Le litige concerne l'activité de prestataire publicitaire exercée par les Société Google Inc et sa filiale Google France lorsque ces dernières proposent un service publicitaire permettant d'associer des mots clés tels que " imitation ", " replicas " ou encore " fake " avec les termes " Vuitton ", " Louis Vuitton ", " LV ", afin de placer les messages publicitaires des annonceurs à même hauteur que le site officiel www.vuitton.com.

Ces faits sont constitutifs de contrefaçon par imitation des marques en application de l'article L713-3 du CPI.

Ces Sociétés ont également porté atteinte à la dénomination sociale Louis Vuitton, à l'enseigne Louis Vuitton et au site www.vuitton.com, faits également constitutifs de concurrence déloyale.

En faisant apparaître sous sa rubrique " liens commerciaux " des messages publicitaires de sites qui non seulement sont sans relation commerciale avec la Société Louis Vuitton mais encore utilisent les signes " Vuitton " pour promouvoir des produits qui s'inspirent de ceux de la Société Vuitton, les Sociétés Google Inc et Google France se sont également livrées à une activité de publicité trompeuse au sens des articles L.115-33 et L.121-1 du Code de la Consommation, de nature à induire les internautes en erreur.

Le Tribunal de Grande Instance de Paris a dans un jugement du 4 février 2005 :

    - Interdit sous astreinte l'usage de Vuitton dans le générateur de mots clés ;
    - Condamné Google à 100 000 euros en réparation des actes de contrefaçon de marque ;
    - Condamné Google à 100 000 euros en réparation des actes de concurrence déloyale et de publicité trompeuse ;
    - Condamné Google à 8 000 euros en application de l'article 700 du NCPC ;
    - Prononcé l'exécution provisoire ;
    - Autorisé Vuitton a publier le jugement

C'est la troisième condamnation que la Justice inflige au moteur de recherche en matière de liens sponsorisés.

En octobre 2003, le Tribunal de Nanterre avait déjà condamné Google pour violation des marques déposées sur le tour opérateur en ligne " Bourse des vols " (Cf. Tribunal de grande instance de Nanterre, 2ème chambre, Jugement du 13 octobre 2003 Société VIATICUM, Société LUTECIEL / Société GOOGLE France). En décembre dernier, la même Cour de Nanterre s'est à nouveau prononcé dans le même sens et pour les mêmes motifs à la suite d'une plainte déposée par les Hôtels Méridien (Cf. TGI Nanterre Accor / Overture, Overture Services 17 janvier 2005).

Notons qu'une quatrième affaire est en cours au Tribunal de Nanterre, avec encore une plainte pour infraction aux marques déposées présentée par l'assureur AXA.

Ces affaires démontrent que la mise en cause des moteurs de recherche est possible. Cependant, cette dernière reste pour l'instant limitée à la protection des marques dans le cadre de la mise en place de liens promotionnels. Pour engager leur responsabilité, les moteurs de recherche doivent en effet jouer un rôle actif dans leur activité de prestataire de service publicitaire.


Stéphane ASTIER - Haas Société d'Avocats - contact@haas-avocats.com