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Prospection par courrier électronique

La CNIL considère que la prospection par courrier électronique dans le cadre professionnel n'est pas soumise au consentement préalable des personnes prospectées


1. La position de la CNIL avant le 17 février 2005 : l'obligation du consentement préalable

Le principe en matière de prospection par e-mail est fixé à l'article L 34-5 du code des postes et télécommunications.

Cet article interdit la prospection commerciale par courrier électronique " utilisant les coordonnées d'une personne physique " en l'absence de tout consentement préalable de cette personne physique.

Or, avant ce revirement de la part de la CNIL, la règle du consentement préalable s'appliquait aux adresses professionnelles nominatives du type nom.prenom@nomdelasociété.fr.

Il était seulement possible d'y déroger lorsque l'adresse électronique ne permettait pas d'identifier la personne physique et qu'elle identifiait uniquement le service de l'entreprise.


2. La position de la CNIL après le 17 février 2005

La CNIL a décidé de revoir sa position au cours de sa séance du 17 février 2005.

Ainsi, la CNIL opère désormais une distinction entre adresse mail personnelle et adresse mail professionnelle considérant que l'esprit de la loi du 21 juin 2004 est de protéger la vie privée des consommateurs personnes physiques et non de freiner les échanges électroniques et la prospection d'entreprise à entreprise communément appelée " B to B ".

En conséquence :

    - le principe d'interdiction de prospection sans accord préalable reste valable pour les seules adresses personnelles,

    - des personnes physiques peuvent être prospectées par courrier électronique à leur adresse électronique professionnelle et au titre de la fonction qu'elles exercent dans l'organisme privé ou public qui leur a attribué cette adresse, et ce, sans leur accord préalable.

Ainsi, l'autorisation de prospection reste néanmoins limité aux seuls cas où le contenu de la prospection est directement en rapport avec l'activité professionnelle à laquelle renvoie l'adresse visée.

Par ailleurs, la CNIL rappelle l'application de la loi " Informatique et Libertés " du 6 janvier 1978, modifiée, aux adresses de courrier électronique professionnelles, ces dernières permettant d'identifier directement ou indirectement une personne physique.

Par conséquent, les titulaires de ces adresses doivent notamment avoir été mis en mesure, au moment de la collecte de leur adresse électronique, de s'opposer à toute utilisation commerciale de leurs coordonnées.


Source : www.cnil.fr

Stéphane ASTIER - Haas Société d'Avocats - contact@haas-avocats.com